17 octobre 2009

La quête de joies simples !

Après plusieurs mois passés loin des nos chères "chroniques archivistiques", et quelques semaines de vacances bien méritées, me revoilà en grande forme - je l'espère ! - , prêt à vous entretenir à nouveau sur les petits détails qui rendent notre métier si attachant !

En attendant d'être soumis aux volontés de la pandémie grippale, j'en profite pour parler aujourd'hui d'un  moment vécu il n'y a pas si longtemps, un de ces moments inattendus qui constitue l'une des joies de tout archiviste et qui fait que notre métier est si passionnant. Bon d'accord, on est peut-être les seuls à comprendre l'intérêt de tout ça, mais c'est déjà pas si mal d'être en accord avec soi-même...

Mais trop de suspense tue le suspense ! Venons-en au fait. Lancé en compagnie de ma collègue préférée (j'en ai qu'une d'un autre côté !) dans un travail plaisant, gratifiant et instructif, à savoir le tri de dizaines et de dizaines de dossiers de personnel parti à la retraite ou décédé depuis belle lurette, un fait inattendu est venu égayer ce dur labeur et apporter une touche de gaieté et quelques pincées de rires à cette travail archivistique.

Enfouis au milieu de tous ces dossiers identiques et sans grande saveur, quelques-uns firent remonter en nous  des parfums d'enfance et dessinèrent un large sourire sur nos visages concentrés, de part le nom singulier des personnes concernées. En voici deux exemples parmi les plus réjouissants:


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corbier


Certains d'entre vous doivent peut-être trouver ça bête et digne d'un enfant de 5 ans ! D'ailleurs, je partage un peu votre point de vue... Mais ça fait tellement de bien de profiter de petites joies toutes simples et de retomber 5 minutes en enfance, qu'on aurait eu bien tort de s'en priver ! 

Il faut bien rire que voulez-vous ! La moindre occasion est toujours bonne à prendre. Surtout qu'elles ne se représentent pas forcément tous les jours... 

Posté par archijul à 16:04 - - Commentaires [1]


05 février 2009

Un après-midi en rase campagne

Cette semaine, délaissant pour un temps le tri, ô combien passionnant, de quelques… milliers de factures anciennes (mais si vous savez, faire un tri sélectif pour ne conserver que les factures d’investissement dignes d’intérêt), je me suis octroyé une après-midi en rase campagne, afin d’aller « former » une secrétaire de mairie à la gestion des archives de sa commune et à l’utilisation de l’inventaire que j’ai réalisé suite à mon intervention il y a de cela quelques jours.

 Me voilà parti pour près d’une centaine de kilomètres afin de rejoindre cette partie du département fort jolie mais un peu à l’écart de la civilisation moderne, la campagne « profonde » comme on dit habituellement. Sous un soleil magnifique et par une température dépassant les 15 degrés - chose fort inhabituelle pour un début février - le trajet fut un moment, ma foi, bien agréable. Je sais ce que vous vous dites, il m’en faut peu : du soleil, des paysages magnifiques et le tour est joué ! Ben oui ça me suffit !

Arrivé en commune (ah oui c’est vrai, j’y allais pour bosser quand même !),  la séance de formation accélérée et intensive pouvait commencer, non sans avoir accepté auparavant café et chocolats ! S’ensuivit alors un petit aperçu des lois et règlements relatives à la gestion des archives communales, une brève mise au point sur les responsabilités de la commune en matière d’archives, et quelques exerces pratiques afin qu’elle sache utiliser au mieux l’inventaire réalisée. Je pris ensuite congé, heureux de constater l’intérêt de mon interlocutrice du jour, laquelle me laissa parler sans souffler toutes les cinq minutes et me posa même des questions fort à-propos. Elle a même pris des notes, grand dieu !! Assuré ainsi que les archives de cette commune seront bien tenues, pour un temps au moins, je partis après avoir obtenu les remerciements appuyés du maire en question, pour le travail réalisé. Non que je sois un parangon de fierté et de vantardise, bien au contraire, mais je dois bien reconnaître que des fois ça embellit la journée de se sentir reconnu pour son travail, lorsque des personnes extérieures à « notre monde » se rendent compte du travail effectué et comprennent pourquoi les notions de « culture » et de « patrimoine historique » riment avec le mot « Archives ». Comprenne qui pourra ! Je n’en rajouterais pas sur ce plan-là. Terrain Miné !!!

Et puis la joie d’avoir fait évoluer la vision de ces personnes sur mon métier est aussi appréciable. Ah oui je vous l’ai pas dit, mais c’est dans cette commune que j’ai trouvé porte close le premier jour de mon intervention, car on m’avait oublié !! Qu’ils me remercient aujourd’hui traduit sans doute une certaine évolution dans leur manière d’envisager les archives et l’archiviste. Même si tout cela  reste bien précaire, tout angélisme étant fortuit ! Mais j’ai la faiblesse de le croire un peu quand même !

Je repris ainsi le chemin du retour, sous un soleil toujours aussi éclatant, dopé au parfum du bien-être. C’est aussi pour ça que j’aime ce métier. C’est pas tous les jours fête c’est évident, mais ce genre d’après-midi me fait oublier le reste et me donne encore plus de tonus et de vitalité pour repartir le lendemain à la conquête des trésors enfouis dans les caves et les greniers, mes terrains de jeux habituels.

Allez je vais repartir trier mes factures, mettre de côté les achats d’ordinateurs et de tracteurs au détriment des commandes de pain et de viandes rouges destinées aux gosses de la cantine scolaire. Encore je m’en sors bien, je suis dans un local ouvert à la lumière du jour. C’est génial, non ? Une fois les dizaines de mètres linéaires de factures face à moi - ça m’arrive aussi de trier autre chose je vous rassure ! - je vais essayer de m’imaginer sur une route de campagne ensoleillée, en train de chanter à tue-tête « I’m Yours » de Jason Mraz, ou bien du Maloh ou du Jack Johnson. Histoire de m’évader un peu. Sait-on jamais, ça marchera  peut-être ?

Posté par archijul à 19:53 - - Commentaires [1]
10 janvier 2009

Le plus beau métier du monde

Certaines missions me font parfois penser à un marathon ou une course chronométrée. Excellentes pour l'adrénaline mais pas vraiment reposantes... Les conditions de travail sont parfois éprouvantes. Les fins d'intervention difficiles. Comment estimer de façon exacte, à la journée près, le temps que l'on va passer à dépouiller les liasses ? Evidemment, nous appliquons des règles très concrétes, avec un "rendement moyen" de tant de mètres linéaires par jour ! Mais mon légendaire sens du service public me pousse souvent à rogner mes devis de façon à ce que même les toutes petites communes rurales puissent s'offrir mes services... Le résultat ? Des missions impossibles à terminer dans les temps. Un stress terrible les derniers jours. Et une obligation permanente d'efficacité. Pas de pause, une vitesse d'execution et une concentration énorme et... des heures sup à gogo.

Au final, une mission c'est : du stress, des journées qui finissent parfois à 20h avec encore 1h de route derrière, des locaux ou du matériel pas adapté et avec lesquels ont doit se débrouiller (des placards trop petits dans lesquels tout doit rentrer, l'absence de conditionnement adapté pour les documents de grands formats, l'absence d'escabeaux ou d'échelles pour atteindre des boîtes haut perchées...), la découverte de dossiers à la dernière minute (oh, une liasse XIXe dans le placard à apéritif !), l'indifférence relative du personnel au départ ("pardonnez moi, je vous ai oublié hier, vous aurez le temps d'ici ce soir de traiter mon bureau ?" ou "vous vous installez où vous voulez et fouillez dans les placards pour les fournitures, moi je n'ai pas le temps de m'occuper de vous"), le regard inquiet des élus ("vous jetez tout ça ?!!!", "quel bazar !" ou "ma pauvre, quelle boulot vous faites"). Tout ça pour quoi, me direz-vous ? Eh bien, c'est tout simple, pour ces quelques paroles le dernier jour :

Première adjointe : "vous faites vraiment un travail extraordinaire, viens voir Marie le travail que fait la dame, c'est un métier que tu dois connaitre, ça s'appelle... archiviste, c'est ça ?"

Cantonnier : "alors vous,  quand vous passez quelque part, ce n'est pas pour rien, c'est beau hein, ça c'est un sacré boulot, vous pouvez être contente de vous !!"

Président de l'association d'histoire locale, des étoiles dans les yeux : "on a ça ?!! et ça aussi !!! c'est formidable ! C'est incroyable !! Merci pour votre travail, il me tarde de venir consulter tout ça" et, tout ému devant la photo de son père "vous avez vu, hein, c'est mon père !! c'est incroyable d'avoir conservé ça !"

Voilà pourquoi je fais ce boulot, dans des conditions parfois difficiles, et que je l'aime passionément. Parceque nous sommes comme des petits soldats au front d'une bataille immense qui vise à faire connaitre et reconnaitre les archives et notre profession. Nous arrivons en terrain vierge de toute connaissance et tout intérêt, parfois même en terrain hostile. Et nous devons patiemment expliquer, convaincre. Et lorque nous repartons avec le sentiment d'avoir fait bougé les choses et ouvert les esprits, même de façon infime, c'est une grande fierté. Et rien que pour le sentiment du devoir accompli que l'on ressent le dernier jour lorsque l'on quitte le village, toutes les peines valent le coup !

Sur ces bonnes paroles, je vous souhaite une excellente année 2009 au royaume de la poussière et du papier !!

Posté par Lilaka à 09:46 - - Commentaires [0]


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