Après une absence bien trop longue, due autant à un manque certain de temps qu’à une disparation passagère de mon inspiration littéraire, me voilà enfin de retour, les doigts prêts à marteler sans relâche le clavier Azerty de mon fidèle compagnon d'écriture. Maintenant que les enfants ont regagné les bancs de l'école, qui ne sont d'ailleurs plus de bois depuis bien longtemps, je vais pouvoir m'octroyer quelques instants pour écrire quelques lignes. Bon, je n’ai pas d’enfants, alors mon excuse est plutôt minable, mais on trouve ce qu’on peut !

Aujourd’hui, je voulais vous parler d'une rencontre que j'ai faite dernièrement dans un local d'archives, rencontre plus ou moins agréable selon les goûts et les sensibilités de chacun. Cette rencontre fortuite a eu lieu un de ces derniers matins, en arrivant dans une commune pour y effectuer, comme chaque année, la mise à jour des archives. Les élus de cette petite bourgade ont, semble-t-il, très bien l'article 1ier de la loi du 3 janvier 1979 sur les archives qui dit notamment que les "archives sont l'ensemble des documents, quels que soient leur date, leur forme et leur support matériel  produits ou reçus par toute personne physique ou morale, et par tout service ou organisme public ou privé, dans l'exercice de leur activité". En effet, ils ont bien compris que les archives ne sont pas que de vieux papiers, mais aussi des disquettes, des photographies ou... des animaux empaillés !!!

animalarchives

Eh oui ! Admettez que cela puisse surprendre ! Même la secrétaire de mairie, habituée pourtant à fréquenter régulièrement ce local, ne semble pas s’y habituer, comme en témoigne ce petit cri ayant agressé mes oreilles lorsqu’elle pénétra dans l'antre de la bête ce matin-là et se trouva nez à nez avec le bel animal. 

Je me demande finalement si cette belle commune, au patrimoine historique si riche, ne serait pas précurseur en matière d’archivage. Si dans quelques années, ce nouveau type d’archives se retrouve dans nos inventaires et a l’honneur d'être le sujet principal d'une circulaire du SIAF, je pourrais m'enorgueillir d'avoir eu l’immense privilège d'’avoir assisté en avant-première à l’avènement d’un nouveau type d’archives !

 A moins que cet animal ne soit qu'un malheureux et innocent témoin d'une cruelle vérité. Une salle d'archives sera toujours, pour des élus, pour des secrétaires de mairie, le lieu idéal pour stocker fournitures, drapeaux, imprimantes hors service et autres bouteilles de champagne ! Aucune formation, aucune recommandation de l'archiviste que je suis ne pourra, à long terme, les convaincre qu'un tel local doit accueillir exclusivement des archives, et rien d'autre.  

J’opterais pour ma part pour la première solution, celle d'une commune avant-gardiste... C'est vrai, cette solution m’arrange et me flatte même un peu, j’en conviens ! Pour quelques secondes au moins, le temps pour mon esprit cartésien de reprendre le dessus !