12 septembre 2010

Etre archiviste intercommunal, ou l’art de respirer profondément

Me revoilà après 3 semaines de repos intensif... Je ne sais pas ce qu’il en a été pour vous, mais pour ma part, ces vacances m’ont finalement très peu reposées. D’un autre côté, c’est souvent comme cela que se passent des vacances estivales, non ? Les petits travaux à la maison, les vacances en bord de mer avec la famille au complet, enfant compris, les soirées entre amis qui s’éternisent, les férias du Sud-Ouest un brin arrosés… Un programme où les plages de repos se comptent sur les doigts d’une seule main au final ! J’étais ainsi à mon retour de vacances dans un état proche de celui dans lequel j’étais à mon départ : le visage pâle, les yeux fatigués, la motivation au plus bas sur l’échelle internationale de l’archiviste.

Quoi de mieux alors, me direz-vous, pour se remettre dans le bain que de repartir sur les chapeaux de roue, la tête dans le guidon, dès les premières minutes du premier jour de la reprise ? Ce qui est bien avec notre métier, c’est qu’on croise souvent des personnes qui ne vous laissent aucun répit, et qui vous assènent, sans avoir l’air d’y toucher, le coup de grâce et vous ramène à la triste réalité d’un archiviste, sans même nous laisser espérer après quelques semaines de vacances… Et justement, cette semaine, la première après mes longs congés aoûtiens, j’ai eu l’extrême chance - que dis-je ! l’honneur - de me voir confronté à une de ces charmantes personnes, une secrétaire qui m’en veut alors que je n’ai rien dit ni rien fait pour mériter cela. Pauvre Caliméro que je suis ! C’est vraiment trop injuste !!

smiley

 

De retour dans une collectivité 2 années après y avoir passé quelques semaines à remettre en ordre l’ensemble de leur fonds d’archives, je me faisais une joie de revoir ces personnes avec qui je m’étais plutôt très bien entendu. Arrivée à la fin de ma courte mission de remise à jour de leurs archives, je me propose de leur montrer rapidement le travail effectué afin qu’ils ne soient pas perdus dans le local, après mon départ. Et là, une voix s’éleva soudain au milieu de celles de gens enclins à me suivre, celle d’une personne charmante au demeurant. Elle me répondit, avec un large sourire, cette phrase fort agréable s’il en est : « Oui bon si tu veux, mais 5 minutes alors. Car franchement les archives, je m’en fous ! » Merci ! Ca fait toujours plaisir d’être soutenu et encouragé ! Je ne sais pas comment vous auriez réagi. Cela m’aurait bien agacé il y a quelques temps, mais cette fois-ci, j’ai préféré ne pas y prêter grande attention et sourire. L’art de respirer profondément et de passer son chemin, en quelque sorte…

Ce genre de péripéties peut décourager un archiviste, même passionné depuis sa plus tendre enfance… J’en conviens assez aisément. C’est ma manière à moi d’avoir une petite pensée dans ce billet pour notre collègue qui fait vivre avec humour et talent le blog . C’est ma façon de lui souhaiter le meilleur dans sa nouvelle orientation professionnelle, qui je l’espère, lui permettra de trouver épanouissement et bien-être. Pour en revenir à nos moutons, j’ai été, moi aussi, confronté à ces petits moments de doute, quand on se demande à quoi on sert au final, à quoi ça rime de donner de sa personne et de son temps pour n’obtenir bien souvent en retour que très peu de choses de la part des collectivités ?

Mais durant cette même semaine, j’ai été invité au restaurant par une collectivité heureuse de disposer enfin d’archives classées et bien conservées, quand d’autres m’ont félicité pour le travail réalisé. Alors, mon tempérament d’éternel optimiste a, encore une fois, repris le dessus. J’ai vite oublié cette secrétaire un brin désagréable, pour ne retenir de ma semaine que ses côtés positifs et agréables. Une semaine comme les autres finalement, où il a fallu quelquefois respirer bien profondément et prendre sur soi pour ne pas être à son tour désagréable, et qui se termine par un autre type de respiration, bien plus belle. Vous savez, cette respiration qui nous fait apprécier le bonheur d’un travail mené à son terme et la douceur de quelques remerciements éphémères.

A bientôt !

Posté par archijul à 09:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]



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