Chroniques archivistiques

02 juillet 2011

Petit lexique désabusé des archives, suite

Vous souvenez vous de cette rubrique inaugurée il y a quelques mois ? Après la lettre A, je vous propose la lettre B avec la "Boîte à archives" 

Boîte à archives : Contenant en carton plus ou moins flasque selon le budget de la collectivité et dont les secrétaires ratent le montage une fois sur deux faute de notice détaillée. Il est possible d'en empiler jusqu'à 20 sans risque de dégradation majeure ; elles permettent donc une gestion optimisée de l'espace. Sa durée de vie est illimitée car, même en cas d'inondation ou d'attaque de moisissures, personne ne jugera utile de la remplacer. Le seul prédateur connu de la boîte usagée est l'Archiviste (voir lettre A). Afin de protéger cette espèce en voie de disparition qu'est la boîte âgée, sale, tâchée, moisie et écrasée, les collectivités évitent de recruter des archivistes ou bien s'emploient à leur faire réutiliser ces précieux témoins d'un autre temps pour reconditionner les fonds classés.

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Le "Non, mais vous rigolez, on ne va pas racheter des boîtes alors que celles là sont encore en bon état", ça vous dit quelque chose ?! ;-)

Posté par Lilaka à 20:59 - - Commentaires [2]


29 juin 2011

Instant d'humour

Je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager un des derniers billets d'hum(e)our (!) de Xavier Gorce parue dans la newsletter du Monde du 28/ 6. Avec ses pingouins, ce dessinateur de talent arrive toujours à faire passer, en lien avec l'actualité, des messages drôles, cyniques et méchants.. et tellements vrais ! Petit clin d'oeil à mes amis archivistes...

Bonne découverte, si vous ne connaissez pas, et bonne journée !

 

Le dessin de Xavier Gorce.

Posté par archivesaddict à 13:46 - Commentaires [0]
06 juin 2011

Les archives à la rue !

Etre archiviste intercommunal permet indéniablement de vivre des aventures assez extraordinaires, qu’on aurait du mal à croire si on ne les avait vécues ! Nos chers élus, comme l’ensemble du personnel des collectivités, ont en eux des ressources insoupçonnées qu’ils parviennent toujours à mettre en action pour nous surprendre encore et encore…

Je me devais aujourd’hui de partager avec vous, chers lecteurs, la nouvelle aventure qui m’est arrivée il y a quelques jours. Travaillant depuis plusieurs mois à résorber un arriéré d’archives de plus d’un kilomètre linéaire au sein d’une importante collectivité de mon département, j’ai eu l’occasion, vous devez vous en douter, de vivre diverses expériences, certaines formatrices, d’autres plutôt désespérantes… Je pensais bien avoir tout vu, ou presque, lorsque je reçus un matin un coup de fil  de la responsable du service Comptabilité de ladite collectivité.

« Bonjour, je suis bien aux archives ? »

«  Bonjour ! Oui vous êtes bien aux archives, je suis l’archiviste qui intervient depuis quelques mois pour m’occuper du tri et du classement de l’ensemble des archives de la commune » 

« Ah très bien ! Vous allez pouvoir me renseigner peut-être ! Je vous appelle car je raccroche à peine avec un commerçant qui est en possession de factures des années 1960 établies à l’ordre de la commune ».

« Pardon ? Cette personne détiendrait des factures de la commune chez lui, vous me dites ? Mais ce sont des documents qui ne doivent pas sortir des locaux de la mairie ! Comment a-t-elle pu se les procurer ? »

«  Pour tout vous dire, il les a trouvés ce matin devant chez lui, dans la rue, en sortant son chien. Il nous a appelé dans la foulée pour nous avertir. Si je vous appelle, ce que je ne m’explique pas comment de tels documents ont pu se trouver sur le trottoir d’une des plus grandes avenues de la ville »

Un silence pesant s’installa alors ! Des factures des années 1960 sur la voie publique ? Comment ces archives ont-elles pu se retrouver en pleine rue, à la merci de tout un chacun ? Quelques secondes - bien longues - passèrent. Et puis, tout d’un coup, ce fut comme une révélation. J’avais trouvé, me semblait-il, l'explication de ce mystère.

« Je pense avoir compris. Hier après-midi, deux personnes des services techniques sont passés pour amener à la destruction plus d’une centaine de mètres d’archives éliminables. Parmi ces documents, figuraient ceux concernant votre service. Ma collègue a assisté au chargement. Ils sont venus avec un camion de taille moyenne, fermé par une simple bâche. Vous savez, ces véhicules anciens dont l'arrière n'est pas complètement fermé ! Il est fort possible que des documents soient tombés durant le trajet si le camion était chargé à son maximum »

« C’est possible ça ??  Ils n'ont quand même du faire attention pendant le transport ! »

« En tous cas, c’est la seule explication qui me vient à l’esprit. Il faudrait peut-être appeler les services techniques pour en avoir le cœur net »

Eh oui, le mystère était ainsi résolu. Après vérification, ils avaient tout simplement rempli leur camion jusqu’à la limite de l'acceptable et avaient roulé à très bonne allure sur le trajet menant au centre de destruction. Quelques documents en avaient ainsi profité pour s’offrir une petite escapade dans les rues de la ville…

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Dramatique me direz-vous ! Heureusement, il ne s’agissait pas de documents dont l'extrême sensibilité exigerait de ne pas les placer en des mains malveillantes. Et nous avons eu la chance de tomber sur un commerçant responsable et un bon citoyen. Après avoir averti mon directeur de ce petit incident (!!!), j’imagine quand même que nos deux chauffeurs ont eu droit à quelques remontrances. Je l’espère en tous cas…

Car voyez-vous, il ne m’a pas semblé que ça ait inquiété le moins du monde les responsables de la collectivité. Leur arracher quelques sourires oui, mais pour le reste… Encore une fois, la preuve est faite que les archives n’intéressent vraiment pas personne, ou pas grand monde pour le moins… Que pouvons-nous bien y faire ? Rien sans doute !

Si ce n’est de ne pas perdre espoir en ce que nous faisons, et en l’utilité à moyen et à long terme de notre si joli métier ! Tant que nous, archivistes, y croyons, ce n’est au final déjà pas si mal… Tentons de nous en persuader !

Posté par archijul à 20:32 - - Commentaires [0]
27 mai 2011

Archives et historiens locaux...

Avez-vous remarqué, vous aussi, ces derniers temps, la désertion des services d'archives par ce public sympathique et souvent haut en couleur que forme les historiens locaux et autres chercheurs du dimanche ? Ce n'est pas archives addict qui me contredira sur ce point, nous avons eu une longue discussion sur ce sujet il y a peu.

         Depuis quelques temps, les "sommités" reconnues, dans mes communes, comme spécialistes incontestés de l'histoire du territoire et têtes pensantes de la communauté tendent à se désintéresser complètement des petits trésors que je mets au jour...

         Ce matin, un Monsieur connu comme spécialiste de l'histoire de son village est venu me rendre visite. Je venais juste d'achever le classement et l'inventaire des archives communales et me réjouissais d'avance de lui montrer mes découvertes, sachant qu'il était passionné. Eh bien, croyez moi ou pas, il n'a pas fait le moindre cas des documents révélés. Le désintérêt le plus parfait. Et de me demander : "Moi, ce qui m'intéresse, c'est la liste des prêtres et des instituteurs, vous pouvez me les sortir ?"

         [Et là, abracadabra, l'archiviste sort sa baguette magique à dépouiller, compiler, digérer des mètres de liasses d'archives en un clignement de cil et "tan, tan" : voilà une liste toute prête !!!!!]

         Bref, bien évidemment consternée, je tente tout de même de lui expliquer qu'il ne trouvera pas cela dans les archives communales, ou alors de manière très partielle, et qu'il doit entamer des recherches aux Archives Départementales et aux Archives de l'Evêché. Il me regarde comme si je lui parlais chinois. Moi, dans un élan d'espoir : "Vous êtes déjà allé aux Archives Départementales ?"  "Non"  

         Ah... Et il vient juste de finir d'écrire une monographie communale !! La bonne blague ! Alors, me direz vous, s'il ne puise pas ses informations dans les archives, où peut il donc bien les dénicher ? Facile :

         - "L'arrière petite fille de l'ancien maire qui est à la maison de retraite m'a dit que...", source redoutable de précision !

         - "J'ai trouvé sur Internet que..." Ce à quoi, un peu perverse et passablement agacée, je rétorque "Sur quel site ? Dans quel dépôt d'archives se trouve le document ?" Longues secondes de blanc. L'homme en question, qui se vante depuis une bonne demi heure de sa science et de ses qualités (je suis membre de la société historique et archéologique, je vais être nommé président honoraire de X, je connais bien M. machin, et blablabla) ne veut pas passer pour un amateur devant une petite sotte de 30 ans qui travaille dans une cave finit par me répondre : "Sur François 1er" [Mais bien sûr, qui ne connaît pas François1er.fr !] et de préciser "... sur François 1er foires et marchés ! C'est ça qu'il faut taper... sur le site Gogol" [...] "Vous voulez dire Google, je suppose ?" "Voilà, c'est ça, sur Google ! [très fier]. Vous savez Internet, c'est formidable, on peut tout trouver maintenant, sans sortir de chez soi".

         Il y a encore quelques années, ce genre d'expérience m'aurait fait rire. A présent, elle me consterne car ce Monsieur est loin d'être un cas isolé et qu'il est pris très au sérieux par la population, les élus... Vous allez me dire que les historiens locaux pas très sérieux ont toujours existé. Certes. Mais la plupart étaient tout de même familiers des dépôts d'archives et du travail de dépouillement. A présent, ceux qui passent des heures à fouiller dans les liasses pour y trouver matière à leurs écrits sont de plus en plus rares... En conséquence, les amoureux des archives le sont également.

         Si nous perdons ce public, qui est, finalement, en milieu rural, presque le seul que nous ayons, qui exploitera toute cette matière que nous mettons en ordre, préservons et inventorions ?...

Posté par Lilaka à 18:41 - - Commentaires [8]
08 mars 2011

Un restaurateur sachant restaurer...

La semaine dernière, la mairie de X m’appelle pour me demander une liste de relieurs pour ses registres de délibérations récents et une liste de restaurateurs pour ses registres paroissiaux. Pour être sûre de n’omettre personne, je contacte illico la directrice des Archives Départementales pour avoir une liste sérieuse et exhaustive à transmettre. Et hier, le téléphone sonne…

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« Service Archives, bonjour ! »

« Oui, bonjour, le Maire de X, vous allez bien ? Bon, aujourd’hui, ce n’est pas l’archiviste que j’appelle mais la responsable du service archives [Ouh la, ça ne rigole plus… j’adore les discussions qui commencent comme ça et sentent le plan foireux dès la première phrase… Quand on commence à pommader un archiviste, c’est que l’on a sérieusement besoin de lui… Et franchement, cela n’arrive pas souvent qu’un maire estime qu’il a vraiment besoin de nous…]. Dites moi, la liste que vous m’avez envoyé, comment peut on la modifier ? »

« … la modifier ?? »

« Oui, rajouter quelqu’un. J’ai un ami qui fait de la reliure et un peu de restauration et j’aimerais le faire « agréer ».

[…blanc… ]

« Sans blague ? » [Non, je rigole... En fait j’ai dit :]

« Ah... Mais ce n’est pas un agrément… C’est une question de qualité du travail et de sérieux de l’entreprise. Vous ne pouvez pas confier votre état civil XVIIe à n’importe qui. Vous devez absolument contacter la conservatrice départementale avant tout travail de restauration et lui soumettre les devis »

« D’accord. [traduction : ouais, ouais, c’est ça] Elle, elle peut agréer mon ami ? » [… Le truc que l’on ne dit jamais aux archivistes en formation, c’est que la qualité principale pour faire ce métier ce n’est pas, comme on pourrait le penser, l’organisation, la rigueur ou la logique mais bien la diplomatie et la capacité à ne jamais perdre son sang froid !!!]

« Il n’y a pas d’agrément officiel…. C'est juste une liste de professionnels compétents. Votre ami a déjà travaillé pour les Archives Départementales ? »

« Euhh… (en aparté : « tu as déjà travaillé pour les Archives Départementales ? ») Il demande si les Archives Départementales peuvent confier des travaux de restauration ? »

« Oui… évidemment … ^^ » [oh, un restaurateur qui ne connait pas les Archives Départementales, il doit être compétent et organisé J ]

« Il demande comment les contacter [je rêve !!!]. Non, parce que, vous comprenez, je vais lui dire moi à la conservatrice qu’il vaut mieux faire travailler les entreprises du pays plutôt qu’aller en chercher aux quatre coins de France » [Bon, et là, ma patience atteignant ses limites, je passe lâchement le bébé à la conservatrice !! ]

« Eh bien,  vous n’aurez qu’à lui expliquer vous-même [je m’en roule par terre d’avance !], je vous donne le numéro »

Mille pardons à elle mais, au moins, il y a peut être une chance que l'autorité de l'Etat qu'elle incarne dissuade ce Maire irresponsable de livrer en pâture de pauvres registres paroissiaux fatigués à des apprentis restaurateurs... Oui, je sais, je crois encore au père noël...

Et si ça se trouve, ce Monsieur est un vrai professionnel de la restauration et, dans quelques mois, sa petite entreprise sera connue nationalement et les services archives de France et de Navarre se battront pour lui confier leur registres... :-)

 

Posté par Lilaka à 17:43 - - Commentaires [1]




15 décembre 2010

Noël au pays des archivistes

Cette photo a été réalisée sans trucages ...

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Posté par archivesaddict à 10:18 - Commentaires [1]
11 décembre 2010

Crise de foi

Hier, quelques symptômes ont fait leur apparition au cours de la journée. Mais quel mal me ronge ? La pseudo correspondante archives me donne des poussées de fièvre. J'ai chaud et puis froid (selon que je me trouve dans les bureaux ou dans mon local archives). Je frissonne (d'horreur, à la vue de la porcherie qui va m'accueillir pendant 5 jours). J'ai des crampes partout (à force de trimballer des cartons et de passer le balais pour enlever les araignées et les mouches crevées). Une fatigue extrême s'abat sur moi (alors que je répète pour la énième fois que non, le local archives n'est pas un hall de gare). Et puis surtout des nausées terribles, une envie de vomir irrépressible devant l'absence de respect et d'intérêt des collectivités pour lesquelles on bosse.

C'est grave docteur ? 

Une petite crise de Foi ?

Ah bon, si ce n'est que ça... une de plus ou de moins.

Une pincée d'optimisme, un zest de courage et de motivation et hop ! Je serai à nouveau sur pieds, fringante, invincible.

Quoi ? Des rechutes sont à prévoir ? Mais pourquoi ?

Ah oui, c'est vrai... Encore quelques remises à jour à faire dans les semaines qui viennent. Deux ou trois formations à des secrétaires qui s'en "fiche complètement des archives mais vas y, explique quand même pour voir".

"Service Archives bonjour ! " [...] "Oui Monsieur ? " [...] "Non, Monsieur... vous ne pouvez pas séparer, dans le classement mis en place, les archives "intéressantes" des archives "administratives" pour les transférer dans votre musée" [...] "Pourquoi ? Comment vous dire...?!!!!"

Seul l'optimisme nous porte. Parfois, on se demande pourquoi, pour qui nous faisons tout ça. Est ce vraiment utile ?! Des mois de travail patient pour ordonner un fonds, le coter, l'inventorier. Et il suffit de quelques années pour que tout cela n'ait servi à rien, si personne ne s'en préocuppe derrière nous. Si un jour nous n'existons plus et que les remises à jour cessent, que deviendront ces années de labeur, ces efforts ? Je suis à présent convaincue que, sans nous pour lutter, les archives reviendraient très vite à l'état sauvage, tel un jardin abandonné. Il est si facile et rapide de défaire ce qui a été si long à faire.

Et qui s'en souciera ? Pas grand monde. Si peu de curieux viennent les voir, nos chères archives, dans les petites communes...

Archiviste itinérant. Métier passionnant mais tache oh combien ingrate. Sans jamais de sensation d'acquis. Tout est indéfiniment à recommencer, à entretenir.

Seul l'optimisme nous porte. Et l'amour de ces archives dont nous connaissons la valeur. Mais sommes nous les seuls ?!

Posté par Lilaka à 21:36 - - Commentaires [1]
04 novembre 2010

On naît archiviste….

Chers amis archivistes, je tenais à vous faire partager une (re)découverte que je viens de faire dans mes archives personnelles :

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Mon premier arbre généalogique !!!

 

Dressé quand j’avais une dizaine d’années, sur mon petit cahier d’écolière… c’est trop mignon !!

 

D’un coup, je me suis revue en train de cuisiner ma grand-mère pour connaître le nom de mes ancêtres et traîner mon père au cimetière du village pour noter des dates de naissance et de décès.

Et bien sûr, je notais cela scrupuleusement sur des petits bouts de papier et j’essayais de me situer par rapport aux générations antérieures :

 

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Quand j’y repense … mes parents s’inquiétaient sûrement… ils devaient me trouver bizarre !!

 

Comme quoi, archiviste n’est pas un métier ni même une vocation…

 

On ne devient pas…

On naît archiviste !!!

Posté par archivesaddict à 20:50 - Commentaires [3]
29 octobre 2010

Étourderie d'archiviste !

Fin de semaine. Travail de bureau un peu fastidieux : plannings, courriers, facturation. Quand la fatigue s'installe, la porte s'ouvre à toutes les bourdes !

Mais a quoi peut donc ressembler une étourderie typique d'archiviste ? A quoi reconnait t'on la patte du conservateur patenté, du vieux baroudeur de locaux d'archives, de l'explorateur de parchemins et vieux actes notariés ?

Je saisis la facture de mon intervention dans une collectivité. Je l'achève satisfaite. Je la relis. Oups.

J'imagine bien la tête du service compta ou même encore de la collectivité en question à la lecture du montant : 160 Livres Tournois !!!!

Bon, à ma décharge, j'avais passé la semaine à dépouiller des actes fonciers XVIIe !!

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Posté par Lilaka à 20:35 - - Commentaires [1]
12 septembre 2010

Etre archiviste intercommunal, ou l’art de respirer profondément

Me revoilà après 3 semaines de repos intensif... Je ne sais pas ce qu’il en a été pour vous, mais pour ma part, ces vacances m’ont finalement très peu reposées. D’un autre côté, c’est souvent comme cela que se passent des vacances estivales, non ? Les petits travaux à la maison, les vacances en bord de mer avec la famille au complet, enfant compris, les soirées entre amis qui s’éternisent, les férias du Sud-Ouest un brin arrosés… Un programme où les plages de repos se comptent sur les doigts d’une seule main au final ! J’étais ainsi à mon retour de vacances dans un état proche de celui dans lequel j’étais à mon départ : le visage pâle, les yeux fatigués, la motivation au plus bas sur l’échelle internationale de l’archiviste.

Quoi de mieux alors, me direz-vous, pour se remettre dans le bain que de repartir sur les chapeaux de roue, la tête dans le guidon, dès les premières minutes du premier jour de la reprise ? Ce qui est bien avec notre métier, c’est qu’on croise souvent des personnes qui ne vous laissent aucun répit, et qui vous assènent, sans avoir l’air d’y toucher, le coup de grâce et vous ramène à la triste réalité d’un archiviste, sans même nous laisser espérer après quelques semaines de vacances… Et justement, cette semaine, la première après mes longs congés aoûtiens, j’ai eu l’extrême chance - que dis-je ! l’honneur - de me voir confronté à une de ces charmantes personnes, une secrétaire qui m’en veut alors que je n’ai rien dit ni rien fait pour mériter cela. Pauvre Caliméro que je suis ! C’est vraiment trop injuste !!

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De retour dans une collectivité 2 années après y avoir passé quelques semaines à remettre en ordre l’ensemble de leur fonds d’archives, je me faisais une joie de revoir ces personnes avec qui je m’étais plutôt très bien entendu. Arrivée à la fin de ma courte mission de remise à jour de leurs archives, je me propose de leur montrer rapidement le travail effectué afin qu’ils ne soient pas perdus dans le local, après mon départ. Et là, une voix s’éleva soudain au milieu de celles de gens enclins à me suivre, celle d’une personne charmante au demeurant. Elle me répondit, avec un large sourire, cette phrase fort agréable s’il en est : « Oui bon si tu veux, mais 5 minutes alors. Car franchement les archives, je m’en fous ! » Merci ! Ca fait toujours plaisir d’être soutenu et encouragé ! Je ne sais pas comment vous auriez réagi. Cela m’aurait bien agacé il y a quelques temps, mais cette fois-ci, j’ai préféré ne pas y prêter grande attention et sourire. L’art de respirer profondément et de passer son chemin, en quelque sorte…

Ce genre de péripéties peut décourager un archiviste, même passionné depuis sa plus tendre enfance… J’en conviens assez aisément. C’est ma manière à moi d’avoir une petite pensée dans ce billet pour notre collègue qui fait vivre avec humour et talent le blog . C’est ma façon de lui souhaiter le meilleur dans sa nouvelle orientation professionnelle, qui je l’espère, lui permettra de trouver épanouissement et bien-être. Pour en revenir à nos moutons, j’ai été, moi aussi, confronté à ces petits moments de doute, quand on se demande à quoi on sert au final, à quoi ça rime de donner de sa personne et de son temps pour n’obtenir bien souvent en retour que très peu de choses de la part des collectivités ?

Mais durant cette même semaine, j’ai été invité au restaurant par une collectivité heureuse de disposer enfin d’archives classées et bien conservées, quand d’autres m’ont félicité pour le travail réalisé. Alors, mon tempérament d’éternel optimiste a, encore une fois, repris le dessus. J’ai vite oublié cette secrétaire un brin désagréable, pour ne retenir de ma semaine que ses côtés positifs et agréables. Une semaine comme les autres finalement, où il a fallu quelquefois respirer bien profondément et prendre sur soi pour ne pas être à son tour désagréable, et qui se termine par un autre type de respiration, bien plus belle. Vous savez, cette respiration qui nous fait apprécier le bonheur d’un travail mené à son terme et la douceur de quelques remerciements éphémères.

A bientôt !

Posté par archijul à 09:50 - - Commentaires [0]